XII – La paix comme projet commun 

Une nouvelle mesure de la puissance 

À travers le chapitre XII en vidéo, découvrez comment notre puissance technologique peut devenir une force internationale de protection, de secours et de reconstruction.

Marble sculpture with french inscription on a wall.

Une société réellement avancée ne mesure pas sa puissance à sa capacité de domination ou de destruction.

Elle la mesure à sa capacité à protéger, réparer, apaiser et reconstruire.

Le XXIᵉ siècle nous invite peut-être à compléter notre définition de la puissance.

La véritable force d’un peuple pourrait se mesurer à sa capacité à protéger les plus vulnérables, à prévenir les crises, à transmettre ses connaissances et à coopérer avec les autres nations.

Nous manifestons pour un monde où la force protège davantage qu’elle ne menace.

Comme l’écrivait Dag Hammarskjöld : « La paix n’est pas simplement l’absence de guerre ; c’est une œuvre de justice et de coopération. »

a group of people holding hands on top of a tree

CHANTIER 12 : UN CHANGEMENT D’ÉCHELLE

a group of men standing on top of a lush green field
gray and black DJI Mavic Pro quadcopter drone on mid top air near forest at daytime

Pendant des millénaires, les sociétés humaines ont vécu dans un monde où les capacités de destruction demeuraient limitées par la distance, le temps et les moyens techniques disponibles. Les conflits ont marqué l’histoire de toutes les civilisations. Les peuples se sont affrontés pour les ressources, les territoires, les croyances ou le pouvoir. Aucune nation n’échappe totalement à cette histoire. Nous héritons tous, à des degrés divers, de blessures, de conquêtes, de rivalités et d’injustices accumulées au fil des siècles.

Pourtant, quelque chose a profondément changé.

L’humanité dispose aujourd’hui d’une puissance technologique sans précédent.

Les armes modernes, les drones, les systèmes autonomes, les cyberattaques ou encore les technologies issues de l’intelligence artificielle permettent désormais d’agir à distance, à grande vitesse et avec une efficacité autrefois inimaginable. Jamais dans l’histoire les êtres humains n’ont disposé d’autant de moyens pour se détruire mutuellement. Mais jamais ils n’ont disposé non plus d’autant de moyens pour communiquer, partager leurs connaissances, coopérer et résoudre ensemble les défis communs.

Nous sommes peut-être la première génération confrontée à une telle responsabilité.

Notre défi n’est plus seulement de développer davantage de puissance.

Notre défi consiste à apprendre à orienter cette puissance.

Les mêmes technologies qui permettent de conduire des guerres peuvent surveiller les incendies, cartographier les catastrophes naturelles, acheminer des médicaments dans des régions isolées, coordonner les secours ou restaurer des territoires dégradés.

Les crises du XXIᵉ siècle ressemblent souvent à l’eau. Elles circulent. Elles traversent les frontières. Elles relient les territoires bien davantage qu’elles ne les séparent.

Une pollution en amont finit par affecter les populations en aval. Une épidémie apparue sur un continent peut se propager à l’échelle de la planète. Une sécheresse, un incendie ou l’effondrement d’un écosystème produisent parfois des conséquences bien au-delà de leur lieu d’origine.

Face à ces réalités, aucun peuple ne peut prétendre agir seul.

La coopération internationale cesse alors d’être un simple idéal. Elle devient une nécessité.

Le véritable progrès ne consiste pas uniquement à accroître nos capacités. Il consiste à développer la sagesse nécessaire pour les utiliser. Après plusieurs milliers d’années passées à perfectionner les moyens de vaincre nos adversaires, peut-être est-il temps d’investir avec la même énergie dans les moyens de prévenir les conflits, de protéger les populations et de réparer les territoires.

two white doves flying
a few men with cameras

UNE ARMÉE AU SERVICE DE LA PROTECTION

Nous proposons le développement progressif d’une véritable Armée de la Paix.

Non pas une armée naïve ou désarmée.

Une armée capable de défendre lorsque cela est nécessaire, mais également de protéger, réparer, reconstruire et coopérer.

De nombreuses initiatives ont déjà démontré l’utilité d’une telle approche.

Lors du tsunami de 2004 dans l’océan Indien, des milliers de secouristes, militaires, médecins et volontaires venus de nombreux pays ont coordonné leurs moyens pour venir en aide aux victimes.

Après le séisme d’Haïti en 2010, des capacités logistiques considérables ont été mobilisées afin d’acheminer de l’eau, des médicaments, des équipements et du personnel de secours.

Chaque année, des militaires participent déjà à la lutte contre les incendies, les inondations, les tempêtes ou les crises humanitaires.

Ces expériences montrent que les compétences mobilisées pour la défense peuvent également contribuer à la protection et à la reconstruction.

PRÉVENIR PLUTÔT QUE SUBIR

Les changements climatiques, les pénuries d’eau, l’érosion des sols, les catastrophes naturelles ou certains déplacements de populations risquent de devenir parmi les principaux facteurs d’instabilité du XXIᵉ siècle.

Or nous consacrons encore l’essentiel de nos moyens à gérer les conséquences des crises plutôt qu’à prévenir leur apparition.

Une Armée de la Paix pourrait contribuer à restaurer des forêts, sécuriser des ressources en eau, lutter contre l’érosion, reconstruire des infrastructures essentielles, dépolluer certains sites ou restaurer des écosystèmes dégradés.

La Chine a démontré qu’il était possible de freiner l’avancée du désert grâce à d’importants programmes de reforestation.

Au Rwanda, plusieurs programmes de restauration des paysages ont permis simultanément de réduire l’érosion, d’améliorer les rendements agricoles et de renforcer la résilience des populations.

Les expériences acquises dans un territoire pourraient également être partagées beaucoup plus rapidement avec d’autres régions confrontées aux mêmes difficultés. Les Alvéoles pourraient contribuer à faciliter cette circulation des connaissances à l’échelle internationale et favoriser l’émergence de solutions adaptées à chaque contexte.

Nous avons atteint une puissance immense. Avons-nous développé la même sagesse pour l’utiliser ?

black and gray helicopter
gray concrete bridge and waterfalls during daytime

Ce que nous choisissons de transmettre

Au fond, une même question traverse l’ensemble de ces cas pratiques :

Quel monde souhaitons-nous laisser derrière nous ?

hands formed together with red heart paint

Vers une société plus coopérative

L’eau, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’économie, les territoires ou encore la coopération internationale sont souvent abordés séparément. Pourtant, ils participent à une même réalité et s’influencent mutuellement. Face à cette interdépendance croissante, une évolution de nos modes de coopération devient nécessaire.

Le Manifeste des Gouttes d’Eau propose une direction. Une direction fondée sur la coopération, la responsabilité, la transmission et la recherche d’équilibres durables entre les êtres humains et le reste du vivant.

Depuis plus de deux siècles, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen constitue l’un des fondements majeurs de nos démocraties. Nous souhaitons nous inscrire dans cet héritage.

Garantir durablement les droits humains suppose également de préserver les conditions qui les rendent possibles. L’eau, les sols, les forêts, les océans, la biodiversité et les grands équilibres écologiques constituent le socle sur lequel reposent nos sociétés.

La Déclaration des Droits de l’Homme, du Vivant et des Écosystèmes propose d’en prolonger la logique en intégrant explicitement la protection du vivant et la responsabilité envers les générations futures.

Car protéger les droits humains et protéger les conditions qui permettent leur exercice relèvent d’une même ambition.

Et maintenant ?

Le Manifeste des Gouttes d’Eau est né d’une conviction simple : nos sociétés peuvent évoluer en douceur en reliant les grands sujets de la vie publique et celles et ceux qui agissent déjà.

Il propose une base commune aux citoyens, associations, collectifs et réseaux engagés dans des domaines différents. Chacun garde son identité et son expertise. En faisant apparaître ce qui relie leurs engagements, ils peuvent donner plus de poids à ce qu’ils portent déjà, y compris à l’échelle nationale.

Dans un premier temps, cette évolution prend forme aux côtés des initiatives et des structures existantes grâce aux Alvéoles : de petits groupes réunis autour d’un sujet ou d’un territoire pour croiser les expériences et faire émerger des actions concrètes.

Chaque participation compte. À l’image des gouttes d’eau qui, ensemble, nourrissent la vie, nos forces réunies peuvent porter plus loin les actions de chacun. L’urgence nous invite à commencer par ce qui nous rassemble et à apprendre en avançant.