À propos du Manifeste pour un futur joyeux

Le Manifeste des Gouttes d’Eau est né d’une réflexion personnelle, nourrie par un parcours de vie, des rencontres, des observations, des expériences et des apprentissages venus d’horizons très différents, ainsi que de lectures, de documentaires, de films et de bien d’autres supports.

Certains m’ont apporté des connaissances ; d’autres, comme l’approche de la médecine chinoise qui m’a été transmise, m’ont surtout appris à regarder autrement : moins en oppositions et en cases séparées, davantage en relations, en cycles et en mouvements.

Cette page revient sur ce qui a fait naître ce Manifeste et ce qui l’anime, présente son autrice et remercie celles et ceux dont les travaux, les expériences et les projets ont nourri la réflexion ou montré que d’autres chemins étaient déjà possibles.

SOURCES ET INSPIRATIONS PRINCIPALES

Ce manifeste s’appuie sur de nombreuses lectures, observations, expériences de terrain et initiatives déjà existantes.

Il ne prétend pas inventer seul une pensée nouvelle. Il cherche plutôt à relier des intuitions, des savoirs et des expériences souvent dispersés : la protection du vivant, la coopération locale, la justice sociale, la prévention, la transmission, la gouvernance partagée, les communs, les territoires et les générations futures.

Il s’inscrit dans le prolongement de plusieurs grands courants de pensée.

Les travaux d’Elinor Ostrom sur les communs ont montré que certaines ressources peuvent être gérées collectivement par les communautés qui en dépendent, à condition de disposer de règles claires, de mécanismes de confiance, de responsabilités partagées et de niveaux d’organisation adaptés. Cette réflexion a nourri l’idée des Alvéoles comme espaces de coopération, de coordination et de responsabilité locale.

La pensée systémique, notamment portée par Donella Meadows, rappelle qu’une société, une économie, un territoire ou un écosystème ne peuvent être compris uniquement en séparant leurs éléments. Les effets d’une décision se diffusent souvent dans l’ensemble du système. Cette approche a inspiré la volonté de relier les domaines entre eux : eau, santé, agriculture, éducation, justice, économie, logement, mobilité, innovation et paix.

Le biomimétisme, popularisé notamment par Janine Benyus, invite à observer les formes d’organisation du vivant pour imaginer des solutions plus sobres, plus souples et plus durables. Les Alvéoles s’inscrivent dans cette intuition : une organisation humaine peut apprendre du vivant sans l’imiter mécaniquement. Elle peut devenir plus reliée, plus adaptative et plus attentive aux équilibres qui la soutiennent.

Les travaux de Kate Raworth sur l’économie du donut ont également nourri cette réflexion : une société durable doit permettre à chacun de vivre dignement tout en respectant les limites écologiques de la planète. Cette idée rejoint la recherche d’une prospérité qui ne se mesure pas seulement par la croissance matérielle, mais aussi par la santé, la qualité des relations humaines, la vitalité des territoires, la transmission des savoirs et la préservation des écosystèmes.

Ce manifeste rejoint également, par certains aspects, les réflexions d’Edgar Morin sur la complexité, de Bruno Latour sur nos relations au vivant et aux territoires, de Michel Serres sur le contrat naturel, d’Amartya Sen sur les capacités humaines, d’E. F. Schumacher sur une économie à hauteur d’homme, ainsi que les démarches contemporaines autour des droits de la nature, des communs, de l’économie sociale et solidaire, de l’agroécologie, de la transition territoriale et de la coopération démocratique.

Les exemples cités dans cet ouvrage – Barnahus, justice restaurative, système éducatif finlandais, compagnonnage, Erasmus, Cadre Européen des Certifications, Zones Bleues, restauration de rivières, gestion de l’eau aux Pays-Bas et à Singapour, Ungersheim, Vienne, Mondragon, Buurtzorg, assemblées citoyennes irlandaises, OpenStreetMap, Wikipédia, Linux ou encore plusieurs initiatives territoriales – sont mentionnés comme sources d’inspiration et de réflexion.

Ils ne constituent pas des modèles à reproduire mécaniquement. Ils montrent plutôt qu’il existe déjà, dans de nombreux domaines, des expériences concrètes capables d’éclairer d’autres manières d’organiser nos sociétés.

Les Alvéoles proposées dans ce manifeste ne reprennent pas un modèle unique. Elles cherchent à relier plusieurs enseignements : la proximité du terrain, la coopération entre acteurs, la circulation des savoirs, la transparence des décisions, la prévention des crises, la reconnaissance des compétences et la capacité d’apprendre collectivement de l’expérience.

Ce manifeste ne remplace pas les travaux scientifiques, juridiques, politiques, associatifs ou citoyens existants. Il cherche à les mettre en relation dans une vision d’ensemble accessible au plus grand nombre.

Son ambition est simple : contribuer à faire circuler les idées utiles, à rendre visibles les expériences qui fonctionnent déjà et à proposer une direction commune pour construire une société plus juste, plus coopérative, plus consciente et plus respectueuse du vivant.

time lapse photography of water falls
a waterfall over a body of water
water ripple
assorted street lights during daytime

Remerciements

Ce manifeste est le fruit de nombreuses ‘lectures’, rencontres, discussions, expériences et réflexions accumulées au fil des années.

Je souhaite remercier toutes les personnes qui, directement ou indirectement, ont contribué à nourrir cette vision du monde : les chercheurs, enseignants, soignants, agriculteurs, artisans, entrepreneurs, élus, bénévoles, auteurs, philosophes, scientifiques et citoyens qui, partout dans le monde, expérimentent déjà des solutions porteuses d’avenir.

Je remercie également les territoires, les communes, les associations, les coopératives, les écoles, les entreprises et les initiatives citoyennes qui ont inspiré de nombreux exemples et cas pratiques présentés dans cet ouvrage.

Le modèle des Alvéoles lui-même s’inscrit dans l’héritage de nombreuses expériences de coopération, de gouvernance partagée, d’intelligence collective et d’organisation inspirée du vivant développées au cours des dernières décennies.

Mes remerciements vont également à ma famille, à mes amis et à toutes les personnes qui ont soutenu ce projet, participé aux échanges, partagé leurs idées, relu certaines parties du texte ou simplement encouragé son élaboration.

Enfin, je remercie tout particulièrement mes parents. Par leur éducation, leur confiance, leurs valeurs et leur soutien, ils ont largement contribué à la personne que je suis devenue et ont rendu possible l’écriture de ce manifeste.

Comme les gouttes d’eau qui forment les rivières, ce texte est le résultat de nombreuses contributions visibles et invisibles. Qu’elles trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude.

À propos de l’auteure

S’il fallait résumer mon parcours en quelques mots, je dirais que ma première profession est celle de mère.

C’est probablement celle qui m’a le plus appris sur la responsabilité, le partage, l’accompagnement, la coopération et l’importance des choix que nous faisons aujourd’hui pour les générations qui nous succéderont. Voir grandir mes enfants et les voir devenir des êtres curieux, bienveillants et désireux de contribuer à un monde meilleur demeure ma plus grande fierté.

Ma formation initiale est celle d’architecte paysagiste. Diplômée de l’ESAJ en 1999, j’ai exercé ce métier de 2000 à 2020. Il m’a permis de porter un regard particulier sur les territoires, les paysages, les relations entre les activités humaines et le vivant, ainsi que sur les équilibres qui façonnent nos environnements.

Des expériences personnelles et familiales m’ont également conduite à m’intéresser à la santé, à la prévention et aux médecines traditionnelles. Après plusieurs années de formation, j’ai exercé de 2014 à 2020 comme praticienne indépendante en techniques issues de la médecine traditionnelle chinoise et en soins énergétiques, notamment le Reiki. Durant cette période, j’ai également enseigné le Qigong et le Reiki.

J’y ai découvert d’autres manières de comprendre les liens entre le corps, l’environnement, l’alimentation, le mode de vie et le bien-être. Cette démarche n’a jamais diminué le respect et la reconnaissance que je porte à la médecine moderne, dont les progrès ont sauvé et amélioré la vie de millions de personnes, y compris la mienne.

Ces différentes expériences ont progressivement transformé mon regard sur le monde.

Au fil des années, j’ai découvert que les frontières que nous plaçons entre les disciplines sont souvent moins réelles que nous l’imaginons. Derrière la diversité des sujets apparaissent régulièrement les mêmes interrogations : comment prévenir plutôt que subir ? Comment mieux participer ? Comment mieux coopérer ? Comment construire une société capable de préserver le vivant tout en permettant à chacun de s’épanouir ?

Le Manifeste des Gouttes d’Eau est né de ce cheminement.

Il est le fruit d’un cheminement personnel, de rencontres, de lectures, d’expériences de vie et d’une réflexion poursuivie pendant de nombreuses années. Mais il est surtout né d’une conviction : malgré nos différences, nous partageons souvent davantage de valeurs, d’espoirs et d’aspirations communes que nous ne le pensons.

À une époque où les tensions, les oppositions et les replis semblent parfois prendre davantage de place dans le débat public, j’ai souhaité rechercher ce qui pouvait encore nous rassembler. Non pas autour d’une idéologie, d’un parti ou d’une vérité unique, mais autour de principes suffisamment universels pour permettre le dialogue, la coopération et la construction d’un avenir commun.

Le Manifeste des Gouttes d’Eau constitue une contribution à cette recherche. Une invitation à regarder ce qui nous relie autant que ce qui nous différencie, et à construire ensemble un futur plus harmonieux, plus joyeux et plus vivant.

a squirrel sitting on top of a tree branch
a small squirrel sitting on top of a persons shoe

Et maintenant ?

Le Manifeste des Gouttes d’Eau est né d’une conviction simple : nos sociétés peuvent évoluer en douceur en reliant les grands sujets de la vie publique et celles et ceux qui agissent déjà.

Il propose une base commune aux citoyens, associations, collectifs et réseaux engagés dans des domaines différents. Chacun garde son identité et son expertise. En faisant apparaître ce qui relie leurs engagements, ils peuvent donner plus de poids à ce qu’ils portent déjà, y compris à l’échelle nationale.

Dans un premier temps, cette évolution prend forme aux côtés des initiatives et des structures existantes grâce aux Alvéoles : de petits groupes réunis autour d’un sujet ou d’un territoire pour croiser les expériences et faire émerger des actions concrètes.

Chaque participation compte. À l’image des gouttes d’eau qui, ensemble, nourrissent la vie, nos forces réunies peuvent porter plus loin les actions de chacun. L’urgence nous invite à commencer par ce qui nous rassemble et à apprendre en avançant.